Réflexion sur la justice
J’aborde ce soir un sujet un peu noir pour la semaine pré-Noël, mais c’est le texte de Jérôme Lussier (Ceci n’est pas un conte de Noël) qui m’a fait réfléchir.
Je le remercie en passant d’avoir pris la peine de mettre des mots sur des émotions vives et des sentiments parfois confus.
J’ai décidé de devenir avocate il y a un peu plus de 10 ans maintenant, parce que j’avais soif de contribuer, de faire ma part (j’en ai un peu parlé dans ce texte: Passer au suivant).
Mais quand j’entends parler de situations où il y a apparence d’une grande injustice, je ne peux m’empêcher de me questionner sur notre système de justice.
Je ne pratique pas en droit criminel, mais je me sens tout de même concernée lorsque des histoires qui font mal paraître ma profession se retrouvent dans les médias.
Car le droit, c’est le droit, alors ce qui affecte le criminel affecte nécessairement les autres domaines de pratique.
Bref, mon premier constat est que notre système de justice repose sur la confiance envers ce système.
Donc notre paix sociale repose également sur la confiance envers notre système.
Et je crains le jour où les gens cesseront de vouer une confiance aveugle au système.
Le même raisonnement s’applique pour ce qui est de notre démocratie et de notre système politique.
Tout repose sur la confiance.
Je dois convenir que cette confiance est sérieusement ébranlée.
Pour l’instant, il n’y a que des mots, des questionnements. Mais jusqu’à quand?
À qui doit-on attribuer la faute de cette perte de confiance? Peu importe.
La bonne question à se poser est: Qui a la responsabilité (le fardeau même) de regagner cette confiance?
Si vous avez la réponse, tentez de répondre à cette autre question: Faites-vous confiance à cette (ou ces) personne(s) pour être à la hauteur de la tâche?
Suggestions de billets complémentaires :
- Perte de confiance en la profession
- Quand l’ex-employeur donne des références
- Les contrats conclus sur internet
Suggestions de billets complémentaires :


Bravo pour ton billet, Catherine . J’aime ton questionnement. Tu y fais preuve d’une candeur désarmante comme on en voit peu sur un sujet tellement important. Et tu es absolument dans le vrai.
Pensons juste à Bastarache. En tête d’affiche, deux avocats, dont un qui ment, obligatoirement. Pour témoigner en faveur de l’un et l’autre, d’autres avocats, dont certains, obligatoirement encore, mentent aussi.
Le plus gros show télé de l’été, avec en sous titre : «Qui de ces hommes de loi dit la vérité?». Pas fort pour la confiance du citoyen envers le système.
Et c’est sans songer aux sentences bonbons, et aux poursuites baillons.
La scène judiciaire d’aujourd’hui nous rappelle tristement que les intérêts, qu’ils soient personnels, pécuniaires ou politiques, l’emportent trop souvent sur l’essentiel, c’est-à-dire, la Justice avec un grand « J ».
C’est pathétique, et je te félicite d’avoir choisi de réfléchir ainsi à haute voix. Étant toi-même avocate, la démarche t’honore.
Messieurs et mesdames des médias qui parfois citez ce blogue, il serait ici opportun d’en reprendre quelques lignes sur vos tribunes respectives.
De même qu’il a soif de savoir, le public apprécie aussi les questions intelligentes.
Pour celà, chapeau, Catherine l’avocate.
Je suis en désaccord avec votre texte. Si nous étions si confiant, pourquoi avons nous des avocats pour tester les lois ? Des juges pour les interpréter ?
La confiance est en nous même, nos valeurs. Les lois ne sont qu’une extension à laquelle on doit se soumettre. Pour certain, rouler à 130km/h c’est OK, pour d’autres c’est fumer un joint dans un parc.
La confiance dans le système est très importante puisqu’on ne peut pas tout intégré ce système dans nos valeurs à 13-14 ans. Ou même à 57 ans pour certains.
Par contre, quand on avance dans la vie, qu’on a un jeune enfant, qu’on est bien instruit et qu’on est avocate… doit on garder notre confiance réaliste ou nous fier à notre confiance émotionnelle ?
La réponse est simple ou pas: c’est dans nous.
Je ne suis pas certaine de comprendre votre point de vue.
Évidemment que la confiance est en nous, ça ne s’achète pas au magasin.
Mais la confiance, ça se gagne. Et ça se perd.
D’où ma réflexion.
J’ai lu le texte de Jérôme Lussier et je dois dire qu’il a raison. Les peines imposés au criminel ne sont pas assez sévère. Chaque fois que je lis une histoire semblable, j’essaie de me mettre à la place de la victime ainsi que de ses proches et je suis complètement révoltée. À tel point que je suis incapable d’exprimer toute la rage qui m’habite.
Dernièrement, j’ai lu un arrêt où le monsieur en question a commis plus actes criminels sexuels sur sa soeur, la soeur de sa femme ainsi que sa fille alors qu’elles étaient tous mineures. Et ce n’était pas juste des attouchements sexuels! Il y avait des actes complets… Je tremblais tout au long de ma lecture. En conclusion, le monsieur s’est vu imposé une peine de 7 ans. 7 ans! Pour avoir traumatiser 3 jeunes filles qui en ont été marquées toute leur vie! D’après les circonstances, je pense sincèrement qu’il mérite une sentence à vie. Voici la référence: EYB 2010-181707, R. c. V. (J.) (C.S.), 28 octobre 2010