Mesdames, serez-vous là?

On dirait que mes activités ces temps-ci convergent toutes vers le même sujet: la place des femmes dans le monde des affaires, plus précisément dans le milieu juridique.

Tout d’abord, je suis en train de travailler sur un sujet de discussion pour le sous-groupe de Linked Québec dans lequel je suis modératrice, Femmes d’influence, concernant le féminisme en 2010. Mais cette idée de sujet découle justement de mes autres implications.

Ensuite, compte tenu du lancement du tome 2 de Sous la toge, la série de roman de l’excellente auteure Nathaly Dufour, j’ai décidé de relire le tome 1, dont une bonne partie de l’histoire tourne autour d’un problème de harcèlement sexuel subi par l’héroïne stagiaire dans un grand bureau d’avocats par un des associés.

Elle en vient à se faire la réflexion: toutes ces années de féminisme pour en arriver là?

Et finalement, j’ai assisté le 26 août 2010 à ma première rencontre du Comité sur les femmes dans la profession.

D’emblée, lors de ma présentation, j’ai dû faire un aveux: je n’assume pas du tout mon côté féministe.

Je ne désire pas me faire accoler cette étiquette et je ne sais pas exactement pourquoi (d’où l’idée de sujet pour Linked Québec, je me demande si je suis la seule dans cette situation).

Mais d’un autre côté, je suis obligée d’admettre que je me sens interpellée par les statistiques sur le grand nombre d’avocates qui quittent la profession, du peu d’avocates qui accèdent à la magistrature ou qui occupent des postes importants en général.

Il est inconcevable à mes yeux que si nous constituons plus de 50% de la populaire et que nous sommes plus de 70% sur les bancs des facultés de droit (et ce, depuis plusieurs années), que nous ne soyons pas plus présentes dans les plus hautes sphères.

Ma sortie sur le Bastarache Boy’s Club est un bon exemple.

Il y a un problème, mais j’ignore lequel.

J’ai su entre les branches que quelques femmes avaient été effectivement approchées pour faire partie de la Commission Bastarache, mais qu’elles avaient toutes refusé (l’histoire ne dit pas si elles ont été approchées avant ou après la levée de bouclier sur l’absence de femmes par contre).

C’est pour la raison de mon féminisme non assumé mais à l’évidence bien présent en moi, que j’ai choisi de m’impliquer dans ce Comité.

Je ne voulais pas choisir le Comité sur la concilliation travail-famille, premièrement parce que je suis travailleuse autonome, donc cette préoccupation est beaucoup moins importante pour moi que pour une avocate salariée.

Ensuite, je considère que ce n’est pas le problème uniquement de la gente féminine. Les pères aussi doivent concillier leur travail et leur famille.

Ce n’était donc pas à cet endroit que je me voyais.

Pour revenir à la rencontre du 26 août, j’ai posé aux membres du Comité une question qui me trottait en tête depuis quelques temps: est-ce que les femmes sont vraiment intéressées à occuper ces postes importants?

Si une solution au problème était trouvé, serez-vous là, mesdames, pour occuper ses postes?

Ou refuserez-vous, pour des raisons qui vous appartiennent, comme vous l’avez supposéement fait pour Bastarache, de répondre à l’appel?

Me Marie-Claire Belleau a répondu en partie à ma question en affirmant qu’il est primordial de déterminer pourquoi les femmes peuvent refuser ce genre d’implication? Se pensent-elles insuffisamment qualifiées? Est-ce que les heures de réunion empiètent trop sur leur vie de famille?

Donc le problème pourrait se situer à deux niveaux: le fameux plafond de verre qui reste à identifier avec précision et les candidates potentielles elles-mêmes.

Plusieurs projets sont d’ailleurs sur la table de travail du Comité sur les femmes dans la profession en ce moment et des sous-comités bûchent déjà dessus.

Qu’en pensez-vous? Est-ce que vous êtes de l’avis qu’il y a effectivement un problème à la sous-représentation féminine? Pensez-vous qu’il y a des gestes à poser? Pensez-vous que tous ces efforts seront inutiles car les femmes ne répondront pas à l’appel?

Messieurs, n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires également!

Suggestions de billets complémentaires :

  1. Le Web à Québec: y serez-vous?
  2. Nouvelle nomination
  3. Quand le fisc vous a dans sa ligne de mire – suivi
  4. Les femmes de tête!
  5. Quand le fisc vous a dans sa ligne de mire

Suggestions de billets complémentaires :

  1. Le Web à Québec: y serez-vous?
  2. Nouvelle nomination
  3. Quand le fisc vous a dans sa ligne de mire – suivi
  4. Les femmes de tête!
  5. Quand le fisc vous a dans sa ligne de mire

Un commentaire pour “ Mesdames, serez-vous là? ”

  1. Patricia dit :

    Très bon billet Catherine.
    Je me suis reconnue lorsque tu parles de ta difficulté à assumer l’étiquette de féministe. Je crois que le mot fait peur parce qu’il a été tellement galvaudé.
    Je me suis retrouvée, ces derniers mois, dans le milieu des groupes de femmes puisque j’ai un contrat présentement dans le domaine de la violence conjugale. J’avais beaucoup de préjugés face à ces femmes, que j’ai, heureusement, perdus en chemin.

    Femmes de tous milieux se retrouvent dans un contexte d’intimité où l’homme tente bien malhabilement de gagner du pouvoir.

    L’analyse sociale de ce problème est justement la domination masculine dans les sphères privées et publiques. Maintenant que la femme réussit tant bien que mal à acquérir une vie professionnelle intéressante, il reste de la résistance… autant des femmes que des hommes.

    Féminisme pour moi signifie « souhaiter des rapports égalitaires ». Sommes-nous dans ce genre de rapport avec messieurs? Je réponds que non. Regardons dans la sphère privée, il y a encore un déséquilibre. On sait que la femme assume souvent encore la responsabilité des détails de la vie quotidienne. La faute à qui? Aux deux.

    Nous portons tous et toutes le poids de l’histoire des rapports inégalitaires, et ce, depuis des millénaires. Nous pensons que parce que nous avons accès à l’éducation, et que si les chiffres donnent une nette tendance à la place de la femme dans les lieux de pouvoir, que les modes de vie se transformeront en quelques années. Il y a de la résistance. Des deux côtés.

    Moi aussi, j’essaie de comprendre… et je travaille au sein d’un comité Femmes et ville pour m’aider à y parvenir, comme ex candidate en politique municipale…

Laisser un commentaire

Vos commentaires sont les bienvenus, mais je me réserve le droit de ne pas publier tout commentaire non pertinent ou diffamatoire, spécialement si son auteur reste anonyme. Merci de votre compréhension et de votre collaboration.